Montée cycliste de La Planche des Belles Filles

Il est 8h00 quand par un beau matin de juin, Arnaud et moi quittons Vesoul pour une sortie à vélo comme nous en avons tant l’habitude. Sauf que cette fois-ci Arnaud, cycliste de longue date mais plutôt enclin à rouler du côté du Val de Saône, a fini par relever le petit défi que je lui ai lancé lors de notre dernier apéro : grimper la fameuse Planche des Belles Filles, haut-lieu des Vosges du sud !

2 Montee PDBF©EMarguet
3 3ballons© Eric Marguet Video Tourisme.fr
4 Montee PDBF©EMarguet (6)
 



C’est donc parti pour 70 km où nous attend au pied de la réserve des Ballons cette impressionnante bosse rendue désormais célèbre par le Tour de France qui y a fait étape à trois occasions dont la dernière en 2017.

Partis bien évidemment doucement, la pente est douce jusqu’à Noroy-le-Bourg et nous continuons vers Lure que nous contournons par le sud sur de superbes petites routes champêtres qui nous amènent sur Ronchamp, après avoir franchi la forêt du Chérimont. Déjà deux heures que nous roulons quand sur notre gauche apparaissent les Ballastières de Champagney, où se mirent les crêtes proches du parc naturel des Ballons Vosgiens. A quelques coups de pédales plus loin, à partir de Plancher-Bas, un long faux-plat propice à nous préparer aux pentes futures, nous permet de rejoindre Plancher-les-Mines. Je signale à Arnaud que nous sommes maintenant à 490 m d’altitude. Je lui conseille d’adopter un braquet souple et de grimper doucement alors que la route commence à s’élever au niveau de la petite scierie à la sortie du village. Une toute petite descente, très courte, nous envoie au pied du « monstre ». Nous laissons filer à gauche la petite route qui s’enfonce dans la superbe forêt domaniale de Saint-Antoine pour serpenter quelques kilomètres plus au nord jusqu’au Ballon de Servance.

La route qui se dresse devant nous, un mur devrais-je dire, m’impressionne chaque fois que je l’aborde. Que dire d’Arnaud qui la découvre pour la première fois. Mais aussi surprenant que cela puisse paraitre, il se met rapidement en danseuse après avoir basculé sur son 34 dents et remonté sa chaine de quelques pignons. Et je le vois progressivement s’éloigner en balançant élégamment sa belle monture en carbone. Cette première ligne droite est pourtant raide, la pente avoisine les 14% mais je suis bien, j’ai tout « mis à gauche », comme on dit, très conscient de ce qui m’attend dans les cinq prochains kilomètres. Lorsque j’arrive au premier virage à droite, Arnaud a bel et bien disparu, lancé seul, à son rythme vers son objectif.
Devant moi s’étend une toile de fond verdoyante d’où émerge le Ballon de Servance et sur ma gauche le versant sud de Belfahy, le village le plus haut de Haute-Saône. Arrive une légère descente qui sera brève puis la route se redresse de nouveau.
La Planche se mérite et ne s’offre pas facilement.

Déjà deux bons kilomètres parcourus alors que j’aborde le deuxième virage dans une pente toujours supérieure à 10%. C’est dur mais quel effort superbe parmi les senteurs de cette nature surprenante. Et pour une fois le revêtement, rénové pour le passage de la caravane du Tour, offre ici un rendement appréciable. Un regard vers l’avant, toujours pas d’Arnaud définitivement envolé… il m’épate le gaillard

Kilomètre 3, la pente ne faiblit pas, je le savais, je la connais par cœur. La route s’enfonce dans un beau sous-bois, je relance un peu mon allure en me mettant en danseuse alors que j’ai épuisé toutes mes vitesses, pour me rasseoir à la sortie d’un grand virage à droite. Je suis en vue du 4ème virage alors qu’un panneau dressé au dessus des fougères annonce le sommet à deux kilomètres. Virage passé, je sais que la pente va s’adoucir et je le ressens aussitôt alors qu’au bout de la ligne droite devant moi, j’aperçois un cycliste tête baissée et dodelinant de droite à gauche. Je reviens assez vite sur lui et reconnais bien sûr Arnaud, certainement parti trop vite et qui commence à accuser le coup.

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cyclist"Oh Vincent te voici, suis sec, t’aurais pas une barre sous la main ?"

Un petit gel énergétique, plutôt psychologique qu’autre chose à seulement un kilomètre du sommet, mais ça requinque mon ami qui s’étonne d’y être déjà en abordant le grand parking de la petite station de ski.

cyclist"Non, il y a encore 500 m, au bout du parking à droite, un dernier coup de cul et c’est fini, serre les dents Arnaud !"

En effet, un bon plat de 150 mètres où l’on serait tenté de repasser le grand plateau, mais à moins de s’appeler Thibaut Pinot, la prudence reste de mise alors qu’au bout à droite se dresse le dernier « mur ». L’ultime pente, 200 mètres à 22%, nous indique un panneau.

Arnaud s’y jette sans plus réfléchir et je reste à son côté pour l’encourager car il va en avoir besoin. Tout debout, tirant sur son guidon et en tenant bientôt toute la route dans le vain espoir de voir la pente s’adoucir quelque peu, il finit par atteindre le sommet de cette vilaine bosse, mais de cette magnifique montée de La Planche pour s’arrêter, haletant, au pied du panneau planté ici pour rappeler à chaque finisher que l’anglais Chris Froome a grimpé ces quelques 6 kilomètres en 16 mn 23, record établi en 2012 alors qu’il a fallu presque trois quarts d’heure à mon ami pour en arriver à bout.

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5 PDBF Bar SGuenerie (5)
 

Mais quelle belle victoire, et quel beau panorama pour récompense !

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